Lanceurs d’alertes: Coupables ou héros?

Ce documentaire présente l’histoire de trois lanceurs d’alertes américains. Avec leurs témoignages, il démontre la férocité qu’utilise les États-Unis pour tenter de mettre un terme à ce type de révélations. Un éclairage parfois choquant sur les méthodes des administrations Bush et Obama.

Connaissez-vous John Kiriakou, Thomas Drake et Jesselyn Radack ? Certainement pas. Et pourtant, ces trois Américains ont pris d’énormes risques, au nom de leurs valeurs, pour révéler au monde les pratiques de leur nation dans sa « guerre contre le terrorisme ». Le premier travailla durant quinze ans pour la CIA ; il confirma l’utilisation de la torture par les agents américains. Le deuxième est un ancien de la NSA, la National Security Agency ; il révéla dès 2006 le nébuleux projet Trailblazer, un système de surveillance généralisée des télécommunications – une affaire Snowden avant l’heure. La troisième, aujourd’hui avocate du même Edward Snowden, occupa un poste important au département de la Justice ; elle dénonça en 2002 les conditions de détention de John Walker Lindh, un Américain affilié à al-Qaida, capturé lors de l’intervention en Afghanistan. Du jour au lendemain, Kiriakou, Drake et Radack virent leur existence bouleversée. Ils étaient devenus des ennemis de l’Amérique…

Les sept d’Obama

James Spione a suivi les trois lanceurs d’alerte pendant plusieurs mois tout en revenant sur la façon dont l’administration américaine s’est employée à détruire leur vie : licenciement, difficulté à retrouver du travail, ruine liée aux frais d’avocat, harcèlement par des agents du FBI, menaces envers la famille… John Kiriakou a connu pire. Il est derrière les barreaux depuis janvier 2013 après une condamnation à trente mois de prison. « Autrefois, les lanceurs d’alerte devaient choisir entre leur conscience et leur carrière, explique Jesselyn Radack. Aujourd’hui, ils risquent leur liberté… Et leur vie. »

Le parallèle avec l’État orwellien – dépeint dans le roman dystopique 1984 – s’avère inexorable. Il y a soixante-cinq ans, l’écrivain britannique prophétisait : « Aux moments de crise, ce n’est pas contre un ennemi extérieur qu’on lutte, mais toujours contre son propre corps. » Aux États-Unis, la crise a pour origine les attentats du 11 septembre 2001. Depuis, parler est devenu un crime ; le secret, une norme. Place désormais à un régime sécuritaire symbolisé par l’utilisation de plus en plus fréquente de l’Espionage Act, une loi floue et liberticide datant de 1917. Dans toute l’histoire des États-Unis, seulement dix personnes furent inculpées pour avoir divulgué des informations confidentielles, en vertu de cet Espionage Act. Sept l’ont été sous la présidence d’Obama.

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Une réflexion sur “Lanceurs d’alertes: Coupables ou héros?

  1. Pour avoir vu ce documentaire sur Arte, je le recommande chaudement . Que dire de ces femmes et ces hommes qui ont tant perdu pour alléger leur conscience, pour pouvoir se regarder dans la glace le matin . Ils n’avaient rien à y gagner et au contraire tant de choses à perdre … Je pense en premier lieu au témoignage poignant de John Kiriakou . Si l’on compare la situation de cet homme à celle d’Edward Snowden , on peut se poser des question quant à la position du célèbre « Whistleblower » (lanceur d’alerte). A ce propos je vous renvois au court et très intéressant avis sur la question d’un journaliste américain publié sur le blog « Under the grey line » : http://underthegrayline.wordpress.com/2014/12/31/snowden-a-limited-hangout-cia-op/#comment-3 .

    Fraternellement ,

    Karim

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